les trois ordres
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les trois ordres

l'humain, composé organique hautement improbable de corps, de pensée et d'âme
 
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 sentiment religieux et naissance de dieu

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MessageSujet: sentiment religieux et naissance de dieu   sentiment religieux et naissance de dieu Icon_minitimeDim 27 Fév - 13:02

J’aimerais tenter de remonter ici au temps « avant dieu », tentative démesurée et orgueilleuse, comme la tour de Babel, puisque dieu est la source et le but de tout, comme les deux signes de la parenthèse qui contient ma vie finie dans le cours infini du temps.
Pour compenser cet orgueil démesuré, je partirai de mon humble expérience pour voir en quoi elle est humaine, c’est-à-dire en quoi elle rejoint, ou semble rejoindre, l’expérience de tout humain. Il est évident que tout ce que je peux écrire n’est pas La Vérité, même pas Ma Vérité, mais simplement l’état de ma réflexion à l’instant où j’écris, fort de toutes mes expériences passées, de mes rencontres, de mes lectures, de mes amours et de mes souffrances.
La naissance : expérience 1ère du sentiment religieux ou crainte, cris et tremblements
J’emploie volontairement cette expression qui désigne, dans la bible, le sentiment de l’humain mis en présence de dieu et rendu, par cette présence, conscient de sa petitesse infinie. Je me propose de remonter le temps avant la bible, jusqu’à l’époque où je n’ai pas encore mis un nom, celui de dieu, sur cette présence, et, plus avant encore, jusqu’à l’époque où je ne sais pas s’il s’agit d’une présence ou d’autre chose ! A cette époque reculée où l’humain émerge à peine de l’animal, à ce moment unique où je suis expulsé du ventre de ma mère.
Je remonte à cette expérience à travers les souvenirs, évidemment inconscients que j’en ai, à travers les récits qui m’en ont été faits et, aussi, à travers ce que je vois des naissances animales ou humaines, à la télévision et dans ma vie.
1. C’est l’expérience première
L’expérience de ma naissance est bien mon expérience première, celle de chaque humain sortant du ventre maternel, puisque, avant, à l’état embryonnaire, règne l’indifférenciation, dans laquelle il n’y a que des interactions à l’intérieur d’un tout. Cette expérience est aussi l’expérience première de tout animal depuis toujours et en tout lieu.
2. Elle se fait dans la crainte, cris et tremblements
Comme tout animal et tout humain, j’ai vécu cette expérience première dans les cris, les miens, et les tremblements, ceux de ma mère. Avec la Bible, je l’appellerai la crainte. Il est évident que « crainte » ici n’est pas synonyme de « peur » : il s’agit d’un sentiment plus complexe, mélange de peur et d’émerveillement, d’angoisse et de confiance, de perte et de retrouvaille, d’accueil et de don.
3. C’est une expérience dramatique d’expulsion totale
Je le répète, j’imagine cette expérience première à partir des expulsions que je vis ou dont je suis témoin, mais, si je remets le temps à l’endroit, il est plus juste de dire que, depuis ma naissance, je vis toutes les expulsions à la lumière crue de cette expérience première dramatique.
Or l’expulsion que j’ai vécu, comme tout animal venant au monde, est une expulsion totale et dramatique, hors d’un monde d’indifférenciation et de tranquillité totales, vers un monde de différences, et, donc, de rivalité et de violence, avec mon instinct de survie pour tout bagage.
C’est ce qui est exprimé dans la Genèse à la naissance de l’humanité, à travers le récit de l’expulsion du Paradis, ce monde de l’indifférenciation où Adam et Eve peuvent vivre nus sans problème, non pas parce qu’ils sont saints, le terme n’existant pas, mais parce qu’ils ne s’en rendent pas compte, étant indifférenciés. Lorsqu’ils prennent conscience de leurs différences, ils se revêtent et sont aussitôt chassés violemment du Paradis, expulsés vers le monde des différences et, donc, de rivalité et de violence, comme en témoigne le récit suivant du meurtre d’Abel par Caïn.
4. Elle me fait « être en relation avec d’autres », ou « être religieux »
Avant cette expérience première de ma naissance, je n’étais pas, ou plutôt je n’étais que dans le ventre de ma mère et, à l’état d’image, dans l’esprit de ceux qui m’attendaient ! Je faisais partie, non pas d’UN tout, mais DU tout, de LA totalité qu’était pour moi le ventre maternel.
Ce premier et terrible instant m’a constitué , à mon corps défendant, comme être humain à part entière, comme autre, autre que ma mère, autre au contact des autres, et en rivalité avec les autres.
Je peux donc appelé « sentiment religieux », cette crainte que j’ai éprouvée et que j’éprouve encore quand je rencontre de manière violente les autres, différents et rivaux, et que je m’éprouve moi-même comme autre, menacé d’expulsion totale par la totalité, la communauté ou l’infini, face au néant ou du moins à l’aventure difficile de la liberté et de la solitude.
Caractéristiques du sentiment religieux
A partir de cette expérience première, je peux tracer les caractéristiques du sentiment religieux, commun à tous les animaux que nous sommes et sans doute à toutes les expériences que nous vivons.
Nous éprouvons cette crainte en creux et en plein, ce sentiment religieux, de perte et de plénitude, de peur et de confiance, de malédiction et d’adoration, de douleur et de béatitude, quand et seulement quand nous sommes
1. émus, mis en mouvement,
2. de manière plus ou moins violente,
3. arrachés à une tranquillité, un équilibre, une harmonie, une totalité, une communauté,
4. entourés de rivaux ou de frères, de forces propices ou mauvaises,
5. appelés à vivre l’aventure de la liberté,
6. en route vers l’inconnu.
Extrapolation à toute expérience humaine
Les premiers « autres puissants » que j’ai rencontrés sont bien évidemment mes parents, ma mère toute tendresse exigeante, accueil de moi et projet sur moi, mon père toute protection exigeante, accueil de moi et projet sur moi.
Toute rencontre authentique me fait revivre peu ou prou cette première rencontre, cette expérience première. Chacune constitue une remise en question plus ou moins radicale de mon être, un déséquilibre, une sortie, une expulsion de mon être, de mes certitudes, de mes habitudes, de ma suffisance.
Je l’affirme : la rencontre du mystère, à travers une personne, l’océan, la montagne, l’ouragan, l’infini du cosmos, le néant de la mort, ne me renvoie pas d’abord à dieu, mais à l’expérience de ma naissance.
Chaque fois que j’ai accepté de me déposséder de moi-même et de mes idées sur tout pour rencontrer l’autre, humain ou élément, j’ai éprouvé ce sentiment religieux de crainte et d’abandon, ce sentiment intime d’être relié à tout l’univers, cette intuition merveilleuse d’être, cette sensation fulgurante d’amour et de toute-puissance. Chaque fois que je me suis replié sur moi-même, que je me suis coupé de cette relation, j’ai eu le sentiment terrible de tout perdre.
Il est évident que je n’ai jamais spontanément envie de revivre l’aspect dramatique et douloureux de ma naissance, même si je sais que ce sera pour moi l’occasion de grandir, de m’épanouir. Je cherche donc toujours spontanément à éviter cette rencontre.
Et les manières d’éviter les rencontres peuvent être regroupées en deux classes :
1. la méthode religieuse :
La 1ère méthode est de s’en remettre à un être supérieur à tout, un être dont le sein maternel et le paradis perdu étaient des images, et revivre ainsi imaginairement la situation confortable et rassurante de l’embryon ou d’Adam et Eve sans manger la pomme !
Comme nous le conseille par exemple la religion chrétienne, il suffit d’aimer dieu ou le christ dans l’autre et le tour est joué : rencontrer l’autre se transforme en rencontrer le christ, et cette rencontre ne nous arrache à rien, ne comporte plus aucun risque, puisqu’il s’agit d’une rencontre programmée dans le cadre d’une religion.
2. la méthode du miroir :
Comme l’a dénoncé Lacan, on ne rencontre jamais l’autre, mais l’image de l’autre aperçue dans notre miroir. Il suffit de renforcer cette attitude naturelle au lieu de s’en méfier et de la corriger par la réflexion et l’accueil, et le tour est joué : l’autre ne risque plus de nous remettre en question puisque nous l’avons apprivoisé, assimilé, digéré.
Rencontre avec la mort et naissance de dieu
Mais la rencontre par excellence, aussi dramatique que la naissance, est son inverse la mort ! Plus dramatique encore puisque, dans la naissance, nous passons du néant inimaginable à l’être, alors que dans la mort, nous passons de l’être au néant inimaginable. Dans la naissance il y a un arrachement une expulsion, mais vers quelque chose, vers la vie, inconnu tout relatif et qui ne demande qu’à être connu. Dans la mort, il y a arrachement, expulsion, mais vers rien, le néant, l’inconnu radical et définitif !
C’est sans doute pour cela que la mort est le lieu de la naissance de dieu et des religions, la rencontre avec la mort étant absolument trop dramatique et la méthode du miroir ne pouvant être appliquée !
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MessageSujet: Re: sentiment religieux et naissance de dieu   sentiment religieux et naissance de dieu Icon_minitimeDim 27 Fév - 13:42

La mort est au même titre que la naissance une expérience nouvelle avec des possibilités nouvelles sur le plan énergétique. Avec un actif nouveau, celui que nous avons acquis dans la vie qui vient de s'achever. A quoi servirait une naissance si il n'y avait pas une suite sous la forme de vie que nous connaissons. A quoi servirait une mort si il n'y avait pas une suite sous une forme, aussi inconnue soit-elle.
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MessageSujet: aussi inconnue... et, donc, aussi inutile puisse-t-elle être   sentiment religieux et naissance de dieu Icon_minitimeLun 28 Fév - 12:17

Description et non systématisation
Il n’est pas question pour moi de systématiser l’évolution de l’animal vers l’homme, ni la naissance des religions comme beaucoup ont tenté de le faire, dont le dernier en date et non le moindre est René GIRARD, après FREUD, et surtout après toutes les religions qui prétendent toutes à l’explication, à la lecture globale du cosmos, de sa source qui est dieu à son but qui est dieu, en passant par la préhistoire et l’histoire qui se déroulent sous le regard de dieu !
Autrement dit, en forme de lapalissade, je ne prétends pas englober la totalité qui m’englobe ! Et c’est bien ce qui est étonnant, que de grands esprits puissent encore se laisser prendre par un tel fantasme dans le cadre d’une religion, ou, au contraire, en s’opposant à toute religion, ce qui, évidemment, revient au même.
Mon but est tout simplement de tenter de remonter à ma première expérience d’être, expérience nue de toute culture, de tout formatage, de toute éducation, de toute rencontre préalable, de tout souvenir. Je dis bien tenter, conscient que cette première expérience m’échappera toujours puisque nous naissons déjà riches des expériences de neuf mois de vie intra-utérine ! Je forme l’hypothèse que cette première expérience me rapproche de l’expérience des premiers humains, semblable et non identique, par le fait qu’elle se situe autant que possible « avant » toute culture et tout apprentissage.
Ce que j’ai découvert dans cette remontée est que cette première expérience est marquée par un sentiment que j’ai appelé le « sentiment religieux », et j’émets l’hypothèse que sans doute toute expérience ultérieure (rencontre d’une personne, d’un paysage, d’un phénomène, etc.) est aussi marquée par le même sentiment, mais amoindri, éduqué, apprivoisé, dédramatisé, schématisé, enjolivé, esthétisé, secondarisé (diraient les psychologues) par toutes les expériences semblables déjà vécues et relues dans une culture avec d’autres, inséré dans cette une culture, dans une rhétorique dirait Michelstaedter, parmi d’autres récits fondateurs de cette culture qui est forcément devenue religieuse.
Pour remettre les choses à l’endroit, je devrais dire que c’est parce que, encore aujourd’hui à chaque rencontre importante, et avant toute analyse, réflexion, relecture et récit, j’éprouve ce sentiment religieux que je le reporte dans le passé, à l’époque où j’étais tout nu, extérieurement et intérieurement, incapable de la moindre relecture et, par extension, à l’époque où l’humanité émergeait toute nue de l’animalité !
Le sentiment religieux, signe de toute rencontre vraie
Ce sentiment religieux est le signe de toute rencontre vraie, c’est-à-dire de toute rencontre où je ne reste pas enfermé dans ma bulle, ne rencontrant qu’un autre moi-même imaginaire comme le dénonce Lacan. J’éprouve alors ce sentiment religieux, sentiment mélangé de peur et de béatitude, négatif et positif d’un seul et même instant, celui d’une intuition totale et fugace, d’une apparition disparaissante dirait Jankélévitch :
• Peur devant l’inconnu quel qu’il soit, animal fabuleux, autre humain, phénomène étrange, prodige etc. Cet inconnu me menace parce que, dans un premier temps, même si ensuite il sera relu, apprivoisé, comparé à d’autres rencontres déjà vécues, il est inconnu ; il me déséquilibre, m’expulse d’une certaine façon hors de l’équilibre acquis, me faisant revivre l’expérience première de ma naissance, de mon expulsion vers l’inconnu, vers le néant.
• Béatitude aussi : parce je revis dans cette rencontre l’expérience de ma naissance, j’éprouve de nouveau la sensation de plénitude que j’ai éprouvée comme perte, comme nostalgie, quand j’ai été expulsé du ventre de ma mère. Il s’agit là d’une expérience humaine commune, à savoir que je ne prends conscience de la valeur d’une chose qu’à l’instant où je la perds.
Naturellement, face à ce sentiment religieux vécu dans toute expérience humaine, j’éprouve l’envie légitime de minimiser la peur et de gonfler la béatitude, bref de revenir à la vie intra-utérine ou, ce qui revient au même, à la vie dans le paradis puisque le seul paradis dont nous avons l’expérience est l’utérus maternel. La religion est le moyen symbolique imaginé par les humains pour parvenir à cette fin : la preuve caricaturale en est les images ornant la revue des témoins de Jéhovah, mais toutes les religions en ont de semblables.
Toutes les religions répondent à ce besoin, puisque toutes basent leur succès sur la peur de l’au-delà, l’inconnu par excellence, celui qui nous attend après la rencontre qui est donc la plus angoissante, celle de la mort.
Le sentiment religieux et la mort
C’est la rencontre de la mort, celle des autres, celle de celui que j’aime et qui faisait partie de moi, et, donc, la mienne qui produit le sentiment religieux le plus fort. En effet, la mort est sans aucun doute la chose la plus forte au monde, dotée d’une force tellement infinie qu’elle est inéluctable et que rien ni personne ne peut lui échapper ; de plus elle est la chose la plus inconnue qui soit, « elle vient comme un voleur », nul ne pouvant en prédire pour lui ou pour un autre la moindre circonstance de temps, de milieu ou de manière.
C’est donc sans doute autour de la mort que ce sont développées les religions, les vestiges des premières célébrations étant des vestiges d’enterrement des défunts.
Actuellement il est facile de se rendre compte de la prépondérance de la mort dans l’adhésion aux religions :
1. La plupart des croyants interrogés sur la teneur de leur foi répondent en parlant de l’au-delà de la mort. D’ailleurs la résurrection est le cœur du dogme chrétien (que je connais bien), par exemple dans le credo.
2. La grande majorité des français (que je connais bien) ne fréquente les églises que pour les célébrations funéraires.
Autre réponse possible au sentiment religieux
Est-il possible de rencontrer encore le monde, d’être ouvert sans pour cela s’enfermer dans un paradis imaginaire ou, autre solution, sans se murer en soi-même, dans un chez soi immobile et mortel ?
Il suffit pour cela d’avoir le courage d’affronter le sentiment religieux. Mieux, il suffit pour cela de se convaincre que ce sentiment est la source la plus naturelle d’adrénaline. Quand on voit les sommes d’argent, d’énergie, d’inventivité, de prise de risques, qui sont dépensées actuellement pour produire de l’adrénaline, on mesure quelle économie pourrait être réalisée et distribuée aux pauvres si les chercheurs d’adrénaline se mettaient simplement à rencontrer les autres, prenaient le risque plus efficace et plus humain de rencontrer les autres, plutôt que d’aller traverser le désert sans eau, ou grimper les plus hauts sommets pieds nus, ou traverser les océans à la nage, simplement pour rien !
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MessageSujet: Re: sentiment religieux et naissance de dieu   sentiment religieux et naissance de dieu Icon_minitimeLun 28 Fév - 15:13

Y-a-t'il une action, un évènement, etc... qui puisse être neutre ou inutile? Tout est énergie qui va animer tel, ou tel autre secteur de notre sensibilité. Les sentiments qui s'en ressentent sont multiples. Le "sentiment religieux" pourrait-il être unique? S'il se rapportait à notre naissance il ne le pourrait pas. La mère transmettant pendant neuf mois ses divers sentiments.
La rencontre avec le monde pourrait être le "sentiment religieux" pour autant que chacun soit "vrai". Cela demande de ne pas chercher à paraître ceci ou cela, ressembler au tel ou à la telle. Se trouver dans aucune attente d'intérêt. Simplement apprécier l'échange. Observer alors, et non pas analyser, le sentiment ressenti.
Le "sentiment religieux" pourrait-il être ressenti comme une félicité inconditionnelle?.
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MessageSujet: poursuite du débat   sentiment religieux et naissance de dieu Icon_minitimeMar 1 Mar - 10:09

"Y-a-t-il une action, un évènement, etc... qui puisse être neutre ou inutile?". Je pense, mais ce n'est que ma pensée, que ma vie ne sert à rien, au regard de la vie de l'univers, et contrairement à beaucoup qui dépriment lorsqu'ils se rendent compte qu'ils "ne servent à rien". Cependant et paradoxalement, je pense que "ma" vie est infiniment précieuse et unique, et que le monde se souviendra éternellement de mon passage, qu'il ne sera jamais plus comme si je n'avais pas existé.

"Tout est énergie qui va animer tel, ou tel autre secteur de notre sensibilité. Les sentiments qui s'en ressentent sont multiples." Je suis assez d'accord avec cette affirmation. Bergson parlait de "l'élan vital", expression qui contient le mot 'vie", et que, pour cela, je préfère à "énergie" qui me fait penser au pétrole ou au gaz.

"Le "sentiment religieux" pourrait-il être unique? S'il se rapportait à notre naissance il ne le pourrait pas. La mère transmettant pendant neuf mois ses divers sentiments." Certes il ne doit pas être unique mais il domine tous les autres à certains moments importants comme celui de la naissance, ou comme devant un spectacle grandiose qui me plonge dans la contemplation et m'arrache un instant à moi-même, ou comme lorsque je rencontre la mort dans un visage ami.

"La rencontre avec le monde pourrait être le "sentiment religieux" pour autant que chacun soit "vrai". Cela demande de ne pas chercher à paraître ceci ou cela, ressembler au tel ou à la telle. Se trouver dans aucune attente d'intérêt. Simplement apprécier l'échange. Observer alors, et non pas analyser, le sentiment ressenti." Tout à fait d'accord, c'est ce que précisément j'essayais de dire dans l'article précédent, en disant que il y a 2 façons de s'en défendre, l'enfermement dans une religion ou l'enfermement dans son quant-à-soi, mais que ces deux enfermements nous interdisent de "rencontrer le monde".

"Le "sentiment religieux" pourrait-il être ressenti comme une félicité inconditionnelle?." Certainement pas sinon personne ne chercherait à s'en défendre. Je n'ai sans doute pas été suffisamment clair sur le fait que c'est un sentiment terrible et merveilleux à la fois, sentiment d'angoisse et de crainte devant le néant ou l'infini, et sentiment de plénitude d'appartenance à un tout harmonieux, la vie le cosmos.
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MessageSujet: Re: sentiment religieux et naissance de dieu   sentiment religieux et naissance de dieu Icon_minitimeMar 1 Mar - 12:17

"Le "sentiment religieux" pourrait-il être ressenti comme une félicité inconditionnelle?." Certainement pas sinon personne ne chercherait à s'en défendre. Je n'ai sans doute pas été suffisamment clair sur le fait que c'est un sentiment terrible et merveilleux à la fois, sentiment d'angoisse et de crainte devant le néant ou l'infini, et sentiment de plénitude d'appartenance à un tout harmonieux, la vie le cosmos."

Ceci est très vrai. Cependant, dans notre état d'être humain que nous sommes, avec sa complexité et son extrême sensibilité, nos pensées sont souvent "le gestionnaire" de notre vie et sont rarement en harmonie avec notre ressenti.
Si nous admettons faire partie "d'un tout harmonieux, la vie, le cosmos", la peur du néant, de l'infini n'est que le fruit de nos pensées humaines. Notre véritable mission de vie n'est-elle pas de grandir, progresser et vieillir avec tous, vers divers buts, selon nos affinités?. Le sentiment de peur face à la mort n'est-il pas le fruit de nos pensées égoïstes dans la peur de la séparation, de l'abandon, de la perte de l'amour de l'autre,etc...?. La mort, pensée et ressentie comme une réussite de mission accomplie, apporte la pleinitude. Certes il y a cette vision du néant... Dans notre vie combien de décisions prises vers un certain néant! Quelle a été alors notre ressenti profond pour aller vers ce néant?
Certes la vision de ce néant là est sans retour! Mais le ressenti est identique dans la sérénité d'appartenir à un tout universel parfait. Donc cette félicité inconditionnelle que peut représenter le "sentiment religieux".
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MessageSujet: difficile communication   sentiment religieux et naissance de dieu Icon_minitimeSam 5 Mar - 11:18

nous expérimentons encore une fois, ici même, la difficulté de communiquer, et donc la difficulté de rencontrer l'autre, et donc la peur, l'appréhension de rencontrer l'autre qui fait partie de ce sentiment que j'appelle religieux.

Je définissais le sentiment religieux comme ce que je trouvais à la naissance, et même à la naissance animale me semble-t-il, comme peur et tremblement de l'animal expulsé d'un milieu ambiant très protecteur qui est le ventre de sa mère animale, et que je retrouve à chaque rencontre nouvelle comme menace de mes habitudes et certitudes, et ce sentiment est mêlé au souvenir nostalgique de cette harmonie perdue et retrouvée. Enfin c'est du moins ce que j'éprouve quand je rencontre quelque chose ou quelqu'un de totalement nouveau qui me menace, me remets en question, (mes certitudes, mes habitudes, mes pensées), et ma première réaction est celle d'éviter cette rencontre, de la contourner en me murant chez moi, dans ma religion ou ma certitude... Il m'est toujours difficile de retrouver l'innocence 1ère pour rencontrer l'autre, ou simplement la vie, c'est toujours le fruit d'un effort, mais d'un effort qui vaut le coup évidemment.

Mon hypothèse en écrivant sur le sentiment religieux était que ce sentiment religieux existe bien avant les religions et toute autre forme de pensée (la religion étant elle-même une pensée), y compris la pensée que "La mort, pensée et ressentie comme une réussite de mission accomplie apporte la plénitude".

Ce n'est qu'une hypothèse, mais pour l'instant je ne trouve pas que cette hypothèse soit contestée par le fait que, plus tard, nous puissions dans le cadre d'une sagesse ou d'une religion, ou simplement à la suite d'une réflexion ou d'une méditation, parvenir à un état harmonieux.
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MessageSujet: Re: sentiment religieux et naissance de dieu   sentiment religieux et naissance de dieu Icon_minitime

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