les trois ordres
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l'humain, composé organique hautement improbable de corps, de pensée et d'âme
 
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 la soi-disant "lumière du monde"

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MessageSujet: la soi-disant "lumière du monde"   la soi-disant "lumière du monde" Icon_minitimeDim 5 Déc - 22:09

Commentaire du résumé, paru dans Le Pèlerin, du livre Lumière du Monde écrit par le journaliste Peter Seewald, qui a interviewé Benoît XVI, à raison d'une heure quotidienne, et qui y décrit les coulisses de cette rencontre en tête-à-tête avec le pape. « Un face à face très éclairant » ! Normal pour une lumière !
Commentaire du titre : face à ce titre, j’invite tout un chacun, et le pape en particulier, à faire une distinction entre la lumière qui, brille dans l’ordre de la raison, du 2ème ordre de Pascal et l’étincelle de l’intuition qui est de l’ordre de la grâce et de la révélation, du 3ème ordre de Pascal qui devrait à priori être celui où se situe son église ! Je le fais avec deux citations de Jankélévitch : « Ce que nous cherchons (l’acte créateur)… n’est pas une lumière toujours à notre disposition, une lumière fidèle qui redevient éclairante à chaque effort qu’on fait pour comprendre, c’est un mystère qui requiert à la fois l’effort hyperbolique et l’état de grâce de l’intuition. » (Philosophie Première Ch.IX, Par.1 ), et encore : « le même clignotement d’intuition…sera conscience qui s’allume et conscience qui s’éteint , étincelle tel est le mot eckhartien qui conviendrait le mieux… » (Ch.IV, Par.2)
CONCILE
« Jean XXIII a fait un grand geste non renouvelable en confiant à un concile universel la tâche de comprendre à nouveau aujourd'hui la parole de la foi. Avant toute chose, le concile s'est chargé et acquitté de la grande tâche de définir à nouveau aussi bien la destination que la relation de l'Église avec l'ère moderne, et la relation de la foi avec ce temps et ses valeurs. Mais transposer ce qui est dit dans l'existence et rester en même temps dans la continuité intérieure de la foi, c'est un processus bien plus difficile que le concile lui-même. » (p. 84.)
Commentaire : dans la formulation, l’église parait bien extérieure à « l’ère moderne », à « ce temps et ses valeurs », ce qui n’est pas pour surprendre ! Quant à reconnaître que « transposer ce qui est dit dans l’existence » est plus difficile que de dire, faire des conciles et des conciliabules, c’est une évidence que tout humain expérimente très tôt et dramatiquement, déchiré entre son devoir moral infini (ou amour) et ses limites bien finies !
CONFIANCE
« Je ne suis pas un mystique. Mais il est exact qu'en tant que pape, on a encore beaucoup plus d'occasions de prier et de s'en remettre entièrement à Dieu. Car je vois bien que presque tout ce que je dois faire, je ne suis personnellement pas capable de le faire. Ne serait-ce que pour cette raison, je suis pour ainsi dire forcé de me mettre dans les mains du Seigneur et de Lui dire : "Fais-le, si Tu le veux !" En ce sens, la prière et le contact avec Dieu sont encore plus nécessaires maintenant et aussi plus naturels et vont de soi bien plus qu'auparavant. » (p. 27.)
Commentaire : le pape fait donc personnellement l’expérience dramatique dont il a parlé plus haut, ce qui nous rassure : « Je ne suis pas capable personnellement de le faire. ». Il nous donne sa recette personnelle, « s’en remettre entièrement à dieu », prière de confiance pour dédramatiser notre situation humaine, se tranquilliser en quelque sorte. Par contre quand il poursuit sa prière ainsi : « Fais-le, si tu le veux ! », c’est inquiétant, car ça peut aussi signifier qu’il fait assumer par dieu les décisions qu’il n’assume pas lui-même ! Chacun sait d’expérience où ça peut conduire : il n’est nul besoin d’être un grand théologien comme lui pour savoir que dieu ne fait rien lui-même, du moins à notre humble niveau de créatures, mais qu’il a bon dos.
DÉMISSION
« Quand le danger est grand, il ne faut pas s'enfuir. Le moment n'est donc sûrement pas venu de se retirer. C'est justement dans ce genre de moments qu'il faut tenir bon et dominer la situation difficile. [Mais], quand un pape en vient à reconnaître en toute clarté que physiquement, psychiquement et spirituellement il ne peut plus assumer la charge de son ministère, alors il a le droit et, selon les circonstances, le devoir de se retirer. » (p. 43.)
Commentaire : Il y a évidemment une grande contradiction entre ce paragraphe et le précédent ! En effet, si je lis les deux à la suite, j’en déduis qu’il démissionne, puisqu’il est « un pape » et qu’il a reconnu en toute clarté au paragraphe précédent qu’il ne pouvait plus assumer sa charge… A moins qu’il ne compte encore longtemps sur dieu pour assumer à sa place !
DIEU
« Pour beaucoup, l'athéisme pratique est aujourd'hui la règle normale de vie. On se dit que quelque chose ou quelqu'un a peut-être effectivement créé le monde dans des temps immémoriaux, mais cela ne nous concerne en rien. Si cette disposition d'esprit devient une attitude de vie générale, alors la liberté n'a plus de critères, alors tout est possible et permis. C'est pourquoi il est urgent que la question de Dieu reprenne une place centrale. Ce n'est cependant pas un Dieu qui existe quelque part, mais un Dieu qui nous connaît, qui nous parle et nous concerne - et qui est aussi notre juge. » (p. 67.)
Je subodore ici quelques généralisations hâtives, faites par le pape, des quelques articles qu’il lit et des quelques dires qu’il écoute sur « la règle normale de vie», avec laquelle il n’a pas le moindre contact, pas plus que n’importe quel chef d’état d’ailleurs ! Je le rassure ici : la plupart des gens normaux savent tout ce qu’il faut savoir (et tout ce qu’il est possible de savoir) sur dieu, qu’il est amour et qu’il leur demande d’aimer et de pardonner dans leur vie concrète.
INTÉGRISME
« Peut-être faut-il dire quelque chose au sujet de cette levée d'excommunication [des évêques lefebvristes]. Car le nombre d'absurdités qu'on a propagées à cette époque est incroyable, même de la part de théologiens savants. Ces quatre évêques, contrairement à ce que l'on a maintes fois sous-entendu, n'ont pas été excommuniés à cause de leur attitude négative envers le concile Vatican II. Ils l'ont été, en réalité, parce qu'ils avaient été ordonnés sans mandat pontifical. » (p. 34.)
« Pour combler le tout, il y a eu ensuite la catastrophe Williamson, que nous n'avions malheureusement pas du tout prévue, ce qui est une circonstance particulièrement attristante. » (p. 144.)
Commentaire : Je suis étonné d’apprendre que les évêques lefebvristes n’ont pas été ex-communiés à cause de leur attitude profondément contraire au Concile, et donc à l’évangile, mais pour une simple question de « cuisine ». Chacun appréciera ! Par contre, je suis soulagé d’apprendre que le pape n’avait pas prévu la « catastrophe Williamson ».
INTOLÉRANCE
« Quand par exemple, au nom de la non-discrimination, on veut forcer l'Église catholique à modifier sa position sur l'homosexualité ou l'ordination des femmes, cela veut dire qu'elle ne peut plus vivre sa propre identité et qu'au lieu de cela, on fait d'une religion négative et abstraite un critère tyrannique auquel chacun doit se plier. On prend ça pour la liberté uniquement parce que c'est une libération de toutes les valeurs jusqu'à présent. (...) Personne n'est forcé d'être chrétien. Mais personne ne doit être forcé de devoir vivre la 'nouvelle religion' comme la seule déterminante, celle qui engage l'humanité tout entière. » (p. 70.)
Commentaire : le pauvre pape n’a pas l’air de comprendre que les seuls qui veulent que « l’église catholique modifie sa position sur l’homosexualité ou l’ordination des femmes », ce sont les chrétiens, les autres ayant mieux à faire.
PÉDOPHILIE
« C'est une grande crise, il faut le dire. Nous avons tous été bouleversés. (...) Toute cette affaire ne m'a pas pris totalement au dépourvu. (...) Voir soudain le sacerdoce tellement sali, et ce par l'Église catholique, au plus profond d'elle-même, il fallait réellement d'abord l'endurer. Mais il fallait en même temps ne pas perdre de vue que le bien existe dans l'Église, que l'on n'y trouve pas seulement ces choses effroyables. » (p. 36.)
Commentaire : dommage que cela ne suscite aucune réflexion, même si j’ai bien conscience que réduire le célibat des prêtres à une incitation à la pédophilie, comme cela a pu être fait, est une énormité !
PRÉSERVATIF
« Dans la presse, le voyage en Afrique a été totalement éclipsé par une seule et unique phrase. On m'avait demandé pourquoi l'Église catholique défend à propos du sida une position irréaliste et inefficace. Je me suis vraiment senti provoqué. (...) C'est un fait : partout où quelqu'un veut avoir des préservatifs, il en a à sa disposition. Mais cela seul ne résout pas la question. Il faut plus que cela (...) C'est la raison pour laquelle le combat contre la banalisation de la sexualité est aussi une partie de la lutte menée pour que la sexualité soit vue sous un jour positif, et pour qu'elle puisse exercer son effet bénéfique dans tout ce qui constitue notre humanité. [L'Église] ne considère naturellement pas le préservatif comme une solution véritable et morale. Cependant, dans l'intention de réduire le risque de contamination, l'utilisation d'un préservatif peut constituer un premier pas sur le chemin d'une sexualité vécue autrement, une sexualité plus humaine. » (p. 141.)
Commentaire : voilà qu’il parle d’abondance du cœur d’ « une sexualité plus humaine », alors qu’il vient pratiquement de rester muet sur deux problèmes majeurs qui le concernent personnellement en tant que prêtre lui-même, et en tant que chef de l’église catholique, à savoir la sexualité des prêtres, à tout le moins refoulée ! Est-ce une manière de récupérer la sienne (la leur), de la vivre par procuration, que de prétendre gérer celle des autres ?!
PROGRÈS
« Qu'est-ce réellement que le progrès ? Est-ce un progrès que de pouvoir détruire ? Est-ce un progrès de pouvoir fabriquer, sélectionner et éliminer moi-même des êtres humains ? Comment le progrès peut être maîtrisé du point de vue éthique et humain ? (...) Outre la connaissance et le progrès, il s'agit aussi de l'autre concept fondamental des temps modernes : de la liberté, entendue comme liberté de pouvoir tout faire. (...) Le pouvoir de l'homme a atteint des dimensions monstrueuses. Et ce qui n'a pas grandi parallèlement, c'est son potentiel éthique. Cette inégalité se reflète aujourd'hui dans les fruits d'un progrès qui n'est pas pensé moralement.» (p. 60.)
Commentaire : Voilà un paragraphe qui montre que le pape en est resté au Moyen-Âge et nous prend encore presque pour des animaux, avec des questions aussi tordues que « Est-ce un progrès que de pouvoir détruire ? Est-ce un progrès de pouvoir fabriquer, sélectionner et éliminer moi-même des êtres humains ? ». Et de répéter le grand danger, qu’il a déjà dénoncé au paragraphe sur dieu, et qui l’obsède lui et toute l’église, à savoir « la liberté, entendue comme liberté de pouvoir tout faire ». Que n’a-t-il lu Saint Augustin et son fameux : « Aime et fais ce que veux ! » qui montrait une autre confiance en l’homme, une confiance qui animait Jésus, le même Jésus qui « savait ce qu’il y a dans le cœur de l’homme ».
RÉSISTANCE
« Ma vie a toujours aussi été traversée par cette conviction : c'est le christianisme qui donne la joie et fait grandir. On ne pourrait sans doute pas supporter une vie d'opposant systématique. Mais en même temps, j'avais toujours plus ou moins présent à l'esprit l'idée que l'Évangile s'oppose toujours aux constellations puissantes. Ce fut bien entendu particulièrement fort dans mon enfance et ma jeunesse, jusqu'à la fin de la guerre. Ensuite, après les années 1968, la foi chrétienne est entrée en opposition contre un nouveau projet de société, si bien qu'elle a dû de nouveau tenir face à des opinions dominatrices. Supporter les attaques et résister fait donc aussi partie de la foi chrétienne – mais une résistance qui sert à mettre en lumière le positif. » (p. 21.) « Si tout le monde avait été toujours d'accord, j'aurais dû me demander sérieusement si je proclamais réellement l'Évangile dans sa totalité. » (p. 33.)
Commentaire : je tomberais volontiers d’accord avec ses deux phrases : « l'Évangile s'oppose toujours aux constellations puissantes…. et résister fait donc aussi partie de la foi chrétienne – mais une résistance qui sert à mettre en lumière le positif. » Mais j’ai bien peur de ne pas leur mettre les mêmes accents que le pape. A la suite de Jésus, je m’opposerais et résisterais surtout aux constellations politico-religieuses qui, au nom de dieu, maintiennent et aggravent l’injustice (non seulement en ce qui concerne l’argent mais aussi le droit à la parole).
Quant à « mettre en lumière le positif », nous venons de voir qu’il met surtout en lumière le négatif chez ses contemporains, les accusant de « faire n’importe quoi ».

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quenimid
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MessageSujet: merci   la soi-disant "lumière du monde" Icon_minitimeDim 5 Déc - 22:58

ce texte que tu as pris le temps d'ecrire me permettra de ne pas avoir à lire "lumière du monde"... un livre qui pourrait mener a la desesperation si on s'avisait de le prendre tant soit peu au serieux...
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