les trois ordres
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les trois ordres

l'humain, composé organique hautement improbable de corps, de pensée et d'âme
 
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MessageSujet: retour vers les 3 ordres   retour vers les 3 ordres Icon_minitimeMar 18 Mai - 19:26

la lecture des Frères Karamazov de Dostoïevski me remotive pour écrire sur les 3 ordres de Pascal... qui paraissent avoir cruellement fait défaut à l'auteur et pourtant! Il a, selon ses commentateurs patentés, été déchiré toute sa vie durant entre le ciel et la terre. On pourrait traduire vite, trop vite qu'il a été déchiré entre l'ange et la bête... Mais ce n'est pas le cas comme le montre précisément ce dernier et sublime roman, où il met en scène 3 frères, qui me font irrésistiblement penser aux trois ordres de Pascal: peut-être les fameux 3 ordres faisaient-ils surtout défaut à ses commentateurs patentés et non à lui-même?!
l'un des frères, Dmitri, représente la bête; un autre, Aliocha, représente l'ange, et un troisième, Ivan, représente la raison. Nous avons bien là les trois ordres de Pascal, peut-être pas dans l'ordre classique, mais ils y sont!
Là où Dostoïevski "pèche" (un mot religieux qu'il ne renierait certes pas!), ce n'est donc pas dans la méconnaissance de ces ordres, mais dans leur articulation, et davantage encore, dans sa volonté affirmée de ne pas les articuler, d'en canoniser un au détriment des deux autres. Pour lui seul l'ange Aliocha mérite de vivre... même s'il ne le dit pas, et qu'il trouve un tas de circonstances atténuantes aux deux autres... En effet, Ivan le représentant de la raison meurt dans d'atroces souffrances, et le sort de Dmitri, le représentant de notre part animale, n'est guère plus enviable; il est condamné à tort au bagne, et on sait que le bagne russe à cette époque ressemble à s'y méprendre aux camps de la mort nazis!
Il fait erreur car cette conception le pousse à mettre dans la bouche des enfants des paroles d'adultes, et à prêter aux adultes des comportements de méchants gamins sur une cour de récréation!
Que ne voit-il qu'Aliocha ne peut exister, puisque nul être ne peut tenir indéfiniment en équilibre sur l'instant, pas plus que sur la flèche d'une cathédrale? Que ne voit-il que Dmitri est inhumain, puisque nul humain ne peut, comme l'animal, vivre entièrement noyé dans l'intervalle, sans rechercher l'éclair de l'instant, l'inaccessible étoile! Que ne voit-il que Ivan est un fantôme, car nul raison ne se promène en dehors d'un corps soumis au temps qui passe!
Vive Pascal et ses fameux trois ordres, pour peu qu'ils soient relus par Jankélévitch!
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MessageSujet: de Pascal à Jankélévitch   retour vers les 3 ordres Icon_minitimeVen 20 Aoû - 15:26

Mes deux références exclusives en « matière philosophique » (expression plaisante !) sont Pascal et Jankélévitch, et je n’en veux pas d’autres (cette option découle de ma conviction que l’humain n’avance pas en zigzagant mais en creusant) !
J’ai d’abord rencontré Jankélévitch, par hasard sur France Culture un dimanche matin marqué d’insomnie. J’ai été séduit, émerveillé, époustouflé par cette voix rauque, ardente, au débit rapide, comme un torrent coulant d’une source vive : j’ai lu ses livres, j’ai écouté ses enregistrements. Il m’a conduit irrésistiblement aux trois ordres de Pascal : je suis aujourd’hui encore étonné de constater qu’aucun des commentateurs patentés de Pascal ou de Jankélévitch n’ait pensé à les rapprocher, tant est pour moi flagrante leur parenté.
Un des écrits majeurs de Jankélévitch s’intitule « PHILOSOPHIE PREMIERE », ce qui dans mon esprit a automatiquement appelé le souvenir de Pascal et ses trois ordres : s’il y a une philosophie première, c’est donc qu’il y a au moins une philosophie seconde et, pourquoi pas, une troisième ! Plus j’ai lu et plus je lis Jankélévitch, plus cette intuition se vérifie comme pertinente. Pour moi il est évident que la philosophie première de Jankélévitch recouvre le 3ème ordre de Pascal, que le monde empirique des choses et de leur apparence de Jankélévitch correspond au 1er ordre de Pascal, et que, entre les deux, se situe le 2ème ordre de Pascal qui n’est autre que celui du discours et de la raison, des pensées et des concepts, de la morale et des lois.
Pour l’un comme pour l’autre, ce qui est d’abord donné est le 1er ordre, celui des êtres et de leurs apparences, qui de toutes façons nous précède et nous enveloppe de toutes parts.
Ensuite, et seulement ensuite, dans la suite chronologique, la « pensée raison discours », 2ème ordre ou philosophie seconde, apparaît comme posant un 3ème ordre, un « au-delà » : en effet la pensée est essentiellement questionnement des origines ou création, questionnement des fins ou résurrection, et questionnement du présent ou amour et liberté !
Le fait qu’ils se rejoignent tient sans doute, mais ce n’est qu’hypothèse de ma part, à ce qu’ils étaient tous deux de milieu social aisé (ça permet de se mettre à l’aise pour se poser des questions), et ensuite, mais seulement ensuite, qu’ils étaient tous deux géniaux !
La seule grande différence entre Pascal et Jankélévitch est que Pascal a cru bon de choisir entre les 3 ordres : après avoir sacrifié au 1er ordre dans une vie de débauche et au 2ème ordre comme scientifique de génie, il s’est réfugié dans un 3ème ordre illusoire, coupé des deux autres qu’il a dévalués : « il humilie… les grandeurs charnelles… la raison humaine… » ! Jankélévitch, lui, a toujours honoré les 3 ordres, comme en témoigne sa longue et heureuse vie, à une époque où il ne faisait pas bon être juif : il articule ces 3 ordres ente eux et les hiérarchise comme son titre « Philosophie Première » en témoigne.
Cette différence tient sans doute à deux faits, mais ce n’est encore qu’hypothèse de ma part (hypothèse qui, comme toute hypothèse, tire son élan de l’expérience de son auteur, la mienne en l’occurrence).
Primo, Pascal était scientifique, plus mathématicien que musicien, même si je dois reconnaître qu’il y a des connivences entre les deux mondes : il avait tendance à réfléchir de manière binaire, ça passe ou ça ne passe pas, tout ou rien, etc. Si Dieu est, rien n’a d’importance !
Deuzio, il était gravement malade et l’expérience m’a enseigné et m’enseigne chaque jour l’importance de la santé sur la vie et la pensée de tout un chacun, pauvres animaux que nous sommes ! Il s’est vengé de son manque de plaisir dû à la maladie en se vautrant dans le plaisir : puis, comme l’apôtre Paul, comme Charles de Foucault, comme beaucoup de convertis illustres et comme moi, moins illustre, il a d’autant plus exalté l’ange, le divin, qu’il avait avili l’animal, l’humain en lui ! Rien de tel chez Jankélévitch, dont la vie témoigne d’un équilibre peu commun… sur le fil de l’instant, à la limite, en équilibre déséquilibre, guettant l’apparition disparaissante, naissante mourante…
Je suis par ma vie plus proche de Pascal dont j’ai suivi l’itinéraire, en plus modeste, en moins illustre, tour à tour scientifique, dévergondé puis religieux : je remercie Jankélévitch de m’avoir tendu la main pour me tirer vers mon humanité, quand je m’enfonçais comme Pascal dans les marais de la religion !
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MessageSujet: je complète le texte précédent   retour vers les 3 ordres Icon_minitimeMer 8 Sep - 15:06

Mes deux références exclusives en « matière philosophique » (expression plaisante !) sont Pascal et Jankélévitch, et je n’en veux pas d’autres (cette option découle de ma conviction que l’humain n’avance pas en zigzagant mais en creusant) !
J’ai d’abord rencontré Jankélévitch, par hasard sur France Culture un dimanche matin marqué d’insomnie. J’ai été séduit, émerveillé, époustouflé par cette voix rauque, ardente, au débit rapide, comme un torrent coulant d’une source vive : j’ai lu ses livres, j’ai écouté ses enregistrements. Il m’a conduit irrésistiblement aux trois ordres de Pascal : je suis aujourd’hui encore étonné de constater qu’aucun des commentateurs patentés de Pascal ou de Jankélévitch n’ait pensé à les rapprocher, tant est pour moi flagrante leur parenté.
Un des écrits majeurs de Jankélévitch s’intitule « PHILOSOPHIE PREMIERE », ce qui dans mon esprit a automatiquement appelé le souvenir de Pascal et ses trois ordres : s’il y a une philosophie première, c’est donc qu’il y a au moins une philosophie seconde et, pourquoi pas, une troisième ! Plus j’ai lu et plus je lis Jankélévitch, plus cette intuition se vérifie comme pertinente. Pour moi il est évident que la philosophie première de Jankélévitch recouvre le 3ème ordre de Pascal, que le monde empirique des choses et de leur apparence de Jankélévitch correspond au 1er ordre de Pascal, et que, entre les deux, se situe le 2ème ordre de Pascal qui n’est autre que celui du discours et de la raison, des pensées et des concepts, de la morale et des lois.
Pour l’un comme pour l’autre, ce qui est d’abord donné est le 1er ordre, celui des êtres et de leurs apparences, qui de toutes façons nous précède et nous enveloppe de toutes parts.
Ensuite, et seulement ensuite, dans la suite chronologique, la « pensée raison discours », 2ème ordre ou philosophie seconde, apparaît comme posant un 3ème ordre, un « au-delà » : en effet la pensée est essentiellement questionnement des origines ou création, questionnement des fins ou résurrection, et questionnement du présent ou amour et liberté !
Le fait qu’ils se rejoignent tient sans doute, mais ce n’est qu’hypothèse de ma part, à ce qu’ils étaient tous deux de milieu social aisé : ça permet du moins de « se mettre à l’aise » pour se poser des questions et chacun comprendra que les questions sont plus claires, lorsqu’elles se posent dans un fauteuil, un bon verre et un cigare à la main, que sur un trottoir la main tendue ! Ensuite, mais seulement ensuite, ils étaient tous deux géniaux !
1 Même approche philosophique
Retenons quelques citations de Pascal : «les hommes sont dans une impuissance naturelle et immuable de traiter quelque science que ce soit dans un ordre absolument accompli» , « Ce qui passe la géométrie nous surpasse » , « La dernière démarche de la raison est de reconnaître qu'il y a une infinité de choses qui la surpassent; elle n'est que faible si elle ne va jusqu’à connaître cela », «Instinct et raison, marques de deux natures.», « La distance infinie des corps aux esprits figure la distance infiniment plus infinie des esprits à la charité car elle est surnaturelle… Tout l’éclat des grandeurs n’a point de lustre pour les gens qui sont dans les recherches de l’esprit… La grandeur des gens d’esprit est invisible aux rois, aux riches, aux capitaines, à tous ces grands de chair… La grandeur de la sagesse…, est invisible aux charnels et aux gens d’esprit. Ce sont trois ordres différents, de genre… Les grands génies ont leur empire, leur éclat, leur victoire et leur lustre, et n’ont nul besoin des grandeurs charnelles où elles n’ont pas de rapport. Ils sont vus, non des yeux mais des esprits. C’est assez… Les saints ont leur empire, leur éclat, leur victoire, leur lustre et n’ont nul besoin des grandeurs charnelles ou spirituelles, où elles n’ont nul rapport car elles n’y ajoutent ni ôtent. … Mais il y en a qui ne peuvent admirer que les grandeurs charnelles comme s’il n’y en avait pas de spirituelles. Et d’autres qui n’admirent que les spirituelles comme s’il n’y en avait pas d’infiniment plus hautes dans la sagesse… Tous les corps, le firmament, les étoiles, la terre et ses royaumes, ne valent pas le moindre des esprits. Car il connaît tout cela, et soi, et les corps rien… Tous les corps ensemble et tous les esprits ensemble et toutes leurs productions ne valent pas le moindre mouvement de charité. Cela est d’un ordre infiniment plus élevé… De tous les corps ensemble on ne saurait faire réussir une petite pensée. Cela est impossible et d’un autre ordre. De tous les corps et les esprits on n’en saurait tirer un mouvement de vraie charité, cela est impossible et d’un autre ordre surnaturel ».
Nous constatons un parallèle frappant dans les idées et jusque dans les termes avec ce passage de Jankélévitch qui, est-il utile de le préciser, connaissait bien Pascal : « Et voici … le 2ème gradin de l’hyperbole métaphysique. Car, si nous en restions au 1er nous n’irions pas au-delà du Logos qui, après tout, est bien métempirique lui aussi puisqu’il se distingue de l’empirie… Or on peut aller encore au-delà. Ce que nous cherchons n’est pas seulement l’Autre Ordre du Logos, mais le tout autre ordre, celui qui n’est pas autre que le même, mais autre même que l’autre, qui est 2 fois autre, qui n’est pas relativement autre, mais absolument autre, et qui est donc à la fois métempirique et métalogique, c’est-à-dire à la lettre métaphysique… Ainsi le monde des intentions diffère autant du logos que le logos diffère de l’empirie. Par-dessus le rez-de-chaussée de l’empirie, si parfaitement de plain-pied avec l’homme affairé de l’intervalle, le logos n’est plus qu’un étage intermédiaire… Car le monde des essences et rapports intelligibles, s’il transcende le donné immédiat, ne transcende pas la pensée qui le pense… ce qui passe la pensée nous surpasse. Au-delà du dépassement de l’empirie par la géométrie, la métaphysique n’admet-elle pas un surpassement de la pensée elle-même et de l’être en général ? Il s’agit donc bien d’un second Rubicon à franchir… C’est maintenant seulement que l’aventure commence… Le paradoxe (métempirique) du 1er ordre n’était qu’un logos choquant le simple sens commun : le paradoxe paralogique ou métalogique (du 2ème ordre) scandalise le logos lui-même devenu sens commun second pour une réflexion à la 2ème puissance… Car s’il est choquant de déranger des habitudes invétérées et de dissocier des associations routinières et coutumières, il est tout simplement scandaleux, parce qu’impensable et contradictoire, de renier les conditions axiomatiques qui rendent possible la pensée en général, ou simplement de jeter un doute sur ces conditions… Il y a donc plus qu’une nuance entre le jugement qui critique la croyance étourdie à l’extériorité du perçu…, et le doute radical qui précarise… ce jugement lui-même… Le paradoxe du 1er ordre est inimaginable sans être inconcevable… Ce malaise peut n’être rien que vertige d’imagination ; mais le vertige se mue en angoisse quand la possibilité d’aller à l’infini… problématise l’infinité même de l’infini et l’éternité même de l’éternel. »
2 Option philosophique différente
La grande différence entre Pascal et Jankélévitch est que, parvenus au même point par une même analyse de la réalité selon la grille des trois ordres, Pascal pour échapper à l’angoisse croit bon de choisir entre les 3 ordres en faisant « le saut de la foi » : après avoir sacrifié au 1er ordre dans une vie de débauche et au 2ème ordre comme scientifique de génie, il se réfugie dans un 3ème ordre illusoire, coupé des deux autres qu’il dévalue : « il humilie… les grandeurs charnelles… la raison humaine… » ! « La grandeur de la sagesse, qui n’est nulle sinon de Dieu, est invisible aux charnels et aux gens d’esprit… Archimède sans éclat serait en même vénération. Il n’a pas donné des batailles pour les yeux, mais il a fourni à tous les esprits ses inventions. O qu’il a éclaté aux esprits… J-C, sans biens, et sans aucune production au dehors de science, est dans son ordre de sainteté. Il n’a point donné d’inventions. Il n’a point régné, mais il a été humble, patient, saint, saint, saint à Dieu, terrible aux démons, sans aucun péché. O qu’il est venu en grande pompe et en une prodigieuse magnificence aux yeux du cœur et qui voyent la sagesse… Il eût été inutile à Archimède de faire le prince dans ses livres de géométrie, quoiqu’il le fût… Il eût été inutile à NSJC pour éclater dans son règne de sainteté, de venir en roi, mais il y est bien venu dans l’éclat de son ordre… Il est bien ridicule de se scandaliser de la bassesse de JC, comme si cette bassesse était du même ordre duquel est la grandeur qu’il venait faire paraître… Qu’on considère cette grandeur-là dans sa vie, dans sa passion, dans son obscurité, dans sa mort, dans l’élection des siens, dans leur abandonnement, dans sa secrète résurrection et dans le reste. On la verra si grande qu’on n’aura pas sujet de se scandaliser d’une bassesse qui n’y est pas… » .
Jankélévitch juge ainsi le choix de son aîné : « Pascal va du vertige métempirique à l’angoisse métalogique et ne compense que par la pari le double irrationnel de cette angoisse. » Quant à lui, il assumera jusqu’au bout cette angoisse, en honorant les 3 ordres, comme en témoigne sa longue et heureuse vie, à une époque où il ne faisait pas bon être juif : il tentera jusqu’à sa mort de les articuler organiquement entre eux, tant dans sa vie que dans son œuvre philosophique.
Exprimons de manière religieuse cette différence de choix de vie ou d’option philosophique vraie, à partir de la même conviction, à savoir que l’unique objet de toute philosophie digne de ce nom est ce super-paradoxe, cette « démonique hyperbole », cet ordre au-delà de tout ordre, cette réflexion à la puissance. Pascal à la suite de tous les croyants le nomme « dieu », et, à la suite des « vrais » chrétiens, les non papistes, le circonscrit dans des dogmes, comme celui de la trinité, l’honore dans les prières, les pratiques et les rituels puisque la charité est définitivement hors de notre portée, et attend de lui la résurrection ! Jankélévitch, lui, affirme jusqu’au bout : « C’est que la « chose » de la philosophie est le lui-même en lui-même qui n’est précisément pas une chose, que personne ne peut nommer ni exprimer bien qu’il soit l’unique nécessaire et l’unique suffisant. ».
Voilà clairement définie l’option devant laquelle chaque humain doit se décider, l’épée à double tranchant qui sépare définitivement, le mur au pied duquel je dois choisir !
3 Critères de choix ?
Qui dit « critères » de choix pense que ce choix est dicté par la raison critique ! Or je doute pour ma part que mes choix aient été faits rationnellement : je dois avouer que, dans la plupart, est entré beaucoup d’irrationnel et d’inconscient. C’est encore plus vrai en ce qui concerne le choix philosophique par excellence, l’option de philosophie première. Vue mon histoire, il semble normal que je tourne actuellement le dos à la religion, en dehors de toute rationalité, ne serait-ce que pour assouvir des rancoeurs plus ou moins conscientes. Cependant ce choix étant fait, j’affirme que ma raison s’y trouve infiniment plus à l’aise que lorsque, prêtre de la religion catholique, je ne pouvais autoriser cette même raison à remettre en question des dogmes qui, au fil des années, me paraissaient de plus en plus contraires à elle !
En ce qui concerne Pascal et Jankélévitch, l’opposition de leur choix tient sans doute à deux faits, mais ce n’est encore qu’hypothèse de ma part (hypothèse qui, comme toute hypothèse, tire son élan de l’expérience de son auteur, la mienne en l’occurrence).
Primo, Pascal était scientifique, plus mathématicien que musicien, même si je dois reconnaître qu’il y a des connivences entre les deux mondes : il avait tendance à réfléchir de manière binaire, ça passe ou ça ne passe pas, tout ou rien, etc. Si Dieu est, rien n’a d’importance, et, s’il n’est pas, rien n’est important : c’est d’ailleurs la logique de son pari fameux et indigne d’un tel esprit : « les deux plus célèbres défenseurs des deux plus célèbres sectes du monde et les seules conformes à la raison, puisqu'on ne peut suivre qu'une de ces deux routes, savoir : ou qu'il a un Dieu, et alors il y place son souverain bien ; ou qu'il est incertain, et qu'alors le vrai bien l'est aussi, puisqu'il en est incapable » ! Jankélévitch était, lui, musicien dans l’âme, et le charme, le « je-ne-sais-quoi », l’expérience vécue y ont plus de place que la logique binaire, même si celle-ci peut servir à écrire des partitions.
Deuzio, Pascal était gravement malade et l’expérience m’a enseigné et m’enseigne de plus en plus l’importance de la santé sur la vie et la pensée de tout un chacun, pauvres animaux que nous sommes ! Dans un premier temps, il s’est vengé de son manque de plaisir dû à la maladie en se vautrant dans le plaisir : puis, comme l’apôtre Paul, Charles de Foucault, Claudel, Maurice Clavel et tant d’autres convertis illustres, il a d’autant plus exalté l’ange et le divin, qu’il avait avili l’animal et l’humain ! Rien de tel chez Jankélévitch, dont la vie témoigne d’un équilibre peu commun… sur le fil de l’instant, à la limite, en équilibre déséquilibre, guettant l’apparition disparaissante, naissante mourante. Pour lui, point besoin de culpabilité : il accède à l’éthique par la beauté de son enfance.
De plus, sans chercher ici à établir une relation de cause à effet, mais plutôt une parenté de choix, les choix philosophiques des humains, y compris de nos deux génies, semblent aller avec certains choix politiques. Par exemple, le choix philosophique religieux s’apparente avec le choix politique royaliste, ainsi que le démontre cette fine observation de Pascal : « Les choses du monde les plus déraisonnables deviennent les plus raisonnables à cause du dérèglement des hommes. Qu'y a-t-il de moins raisonnable que de choisir, pour gouverner un État, le premier fils d'une reine? On ne choisit pas pour gouverner un vaisseau celui des voyageurs qui est de la meilleure maison. Cette loi serait ridicule et injuste; mais parce qu'ils le sont, et le seront toujours, elle devient raisonnable et juste, car qui choisira-t-on, le plus vertueux et le plus habile? Nous voilà incontinent aux mains, chacun prétend être ce plus vertueux et ce plus habile. Attachons donc cette qualité à quelque chose d'incontestable. C'est le fils aîné du roi; cela est net, il n'y a point de dispute. La raison ne peut mieux faire, car la guerre civile est le plus grand des maux.». Quant au choix politique de Jankélévitch, il aurait plus de raison encore que Pascal de tenir le même propos royaliste, étant juif à l’époque nazie ! Et pourtant il n’en est rien, car l’option philosophique va avec l’option démocratique comme le prouve à l’envi le berceau grec commun à la philosophie et à la démocratie, à tel point qu’il est impossible de dire laquelle a donné naissance à l’autre.
Je suis par ma vie proche des deux. De Pascal, j’ai suivi l’itinéraire, en plus modeste, en moins illustre, tour à tour scientifique, conservateur, dévergondé puis religieux. Avec Jankélévitch, j’ai partagé le bonheur harmonieux du monde de mon enfance. J’ai d’abord sacrifié au dieu culpabilité ; puis, comme les souvenirs de mon enfance sont plus importants que les savoirs qu’on m’y a inculqués, comme je suis retombé en enfance, j’ai retrouvé à la suite de Jankélévitch le bonheur et l’éthique tout en nuances et en « presque rien » qui conduisent à une vision plus organique du monde. Je remercie Jankélévitch de m’avoir tendu la main pour me tirer vers mon humanité, quand je m’enfonçais comme Pascal et tant d’autres dans les marais dorés de la religion !
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quenimid
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MessageSujet: hola   retour vers les 3 ordres Icon_minitimeMer 8 Sep - 17:32

je m'enlise un peu dans "les marais dorés" de tes pensées Sad mais ce n'est pas grave... je me rejouis de ce petit" je ne sais quoi" que m'en a apporté la lecture... Very Happy bisous
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jfvernay
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MessageSujet: marais salants   retour vers les 3 ordres Icon_minitimeDim 14 Nov - 16:58

j'ai emmené en croisière La Philosophie Première de Jankélévitch et j'ai eu le bonheur de rencontrer sur le bateau un scientifique, Alain, juif d'origine lui aussi, lecteur de Jankélévitch et amateur de philosophie, professeur enseignant à des X-Ponts les secrets des mathématiques fractales... Il m'a expliqué, mais j'avoue que les marais fractaux sont pires que les philosophaux!
Il avait un livre impressionnant, couvert de signes cabalistiques, et, après m'être poliment penché dessus quelques lignes, je l'ai refermé avec une mimique telle qu'il n'a pas insisté. Je venais quant à moi de lire cette phrase de Bergson cité par Jankélévitch, et je la lui ai présentée: "En ce point il est quelque chose de simple, d'infiniment simple, de si extraordinairement simple que le philosophe n'a jamais réussi à le dire. Et c'est pourquoi il a parlé toute sa vie."....
Est-ce à dire qu'il vaut mieux ne pas perdre son temps à philosopher? Que nenni! Et je te cite la fin de son livre: "On peut, après tout, vivre sans le je-ne-sais-quoi, comme on peut vivre sans philosophie, sans musique, sans joie et sans amour. Mais pas si bien."
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jfvernay
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MessageSujet: histoire sur les trois ordres   retour vers les 3 ordres Icon_minitimeMar 16 Nov - 12:56

1) Décor de l’histoire :
Je me permets de citer, en introduction à cet article, un passage de Jankélévitch (entre mille autres !) où il exprime la différence absolue entre
• D’une part, la science « quidditative » du 2ème ordre pascalien, logique, raison, esprit de géométrie, pensée, qui s’applique à la connaissance des choses du 1er ordre, en décrivant formes, lieux, manières, dates, relations etc.
• D’autre part la science « quodditative » du 3ème ordre pascalien, esprit de finesse, intuition, qui pourrait s’exprimer avec ces mots de Pascal cités plus loin par le même Jankélévitch : « on peut bien connaître QUE (quod) il y a un Dieu sans savoir CE QUE (quid) il est. ».

Ce passage est le suivant :
« …il y a un au-delà de la logique ou mieux un « fait » métalogique du logos. Pour ce fait impalpable… Pascal avait inventé l’esprit de finesse, qui est esprit d’hyper-géométrie et perception irrationnelle du je-ne-sais-quoi. Qui sait si la finesse nécessaire pour percevoir le je-ne-sais-quoi au sein même de la naturalité n’est pas comme un avant-goût de la superfinesse avec laquelle la pointe de l’âme, dans une tangence instantanée et quasi inexistante, devine le subtilissime je-ne-sais-quoi de la dinvine ipséité ? »

Depuis ma fuite hors de l’église catholique il y a dix ans, je me suis heureusement reconstruit autour de cette vision de notre humanité selon les trois ordres de Pascal enrichis par Jankélévitch et tant d’autres avec lui dont Bergson. En effet c’est l’écoute et la lecture de Jankélévitch qui m’a permis de me reconstruire, et son ouvrage majeur, PHILOSOPHIE PREMIERE, tissé de citations en particulier de Pascal, est une mise en perspective des trois ordres pascaliens.
2) Début de l’histoire :
Un jour, voulant voir d’autres commentaires de ces trois ordres si éclairants pour moi, j’ai tapé « les trois ordres de Pascal » sur le moteur de recherche Google, et je suis tombé de suite sur un cours de philosophie de Simone MANON que j’ai lu avec beaucoup d’intérêt, retrouvant les principales intuitions de Pascal, développées par Jankélévitch. Voulant aller plus loin dans un partage humain (fraternel ?) avec Simone, je me suis permis de lui faire part de deux remarques en écrivant sur son blog le 13 juillet 2010 :
1ère remarque :
Je la formulais très exactement ainsi : « Je pense que les ordres de Pascal au lieu d’être totalement bouleversés par un Comte-Sponville mériteraient d’être enrichis par les apports nombreux, parmi lesquels je note particulièrement ceux de Bergson et de Jankélévitch… »
Je lui écrivais cela en réaction à sa seule prise de position personnelle avec laquelle je n’étais pas d’accord : « Dans son livre Le capitalisme est-il moral ? André Comte-Sponville fait une application intéressante de la thématique pascalienne des ordres. »
Je n’étais pas du tout d’accord avec cette opinion. Pour moi André Comte-Sponville, d’après ce que Simone en disait dans son cours, n’était pas un philosophe mais un « sophiste », selon la définition donnée par Jankélévitch : « Le sophiste, qui est sophos professionnel ou débitant en sophia, a pour rayon et spécialité essentiels le marché noir des sophismes : car le sophisme est le commerce en articles de sagesse et l’épicerie de détail, la sagesse devenue savoir, technique, routine et même marchandise ; au bazar des concepts, le sophiste détaille la politique, la rhétorique, la logistique et la finance (on pourrait ajouter avec Comte-Sponville, l’économico-techno-scientifique, et le juridico-politique !) sous forme de recettes et de trucs. Il n’éprouve pas d’angoisse sur l’origine radicale de ces techniques… Le sophiste est le technicien de la continuation sans assiette et le chevalier du sens commun le plus mesquinement conformiste. A l’inverse du marchand de sagesse, le philosophe « aime », c’est-à-dire recherche une gnose infinie qui ne se vend pas en pilules… ».
2ème remarque :
J’écrivais à la suite : « J’ajouterais que la séparation des ordres est tout à fait illusoire comme l’indique à l’évidence la phrase suivante : Archimède esclave n’aurait pas cessé d’être Archimède pour les mathématiciens. Comment peut-on écrire pareille ineptie ? Quant à St Paul, c’est encore plus patent, la religion qu’il a construite en pervertissant totalement le message de Jésus est une simple conséquence de son parcours de juif fanatique et de citoyen romain ! Pascal lui-même n’aurait pas été Pascal s’il n’avait pas été de condition aisée, et s’il avait été de constitution robuste. ».
J’écrivais cela pour la faire réagir personnellement à des assertions contestables (ou du moins à nuancer) de Pascal, et, à l’approche de sa mort, à son retour final dans le sein de l’église chrétienne, qui ressemble à une rechute regrettable du 3ème ordre dans le 2ème !

Mon intention était d’engager le dialogue avec quelqu’un qui était intéressée par les ordres de Pascal au point d’y consacrer tout son travail et d’être reconnue comme experte en la matière. Elle pouvait m’ouvrir des pistes de recherche dans cette direction, et je pouvais à mon tour lui ouvrir l’œuvre de Jankélévitch comme déploiement extraordinaire des ordres de Pascal (infiniment plus que ce que proposait Comte-Sponville).
3) Suite de l’histoire :
Le même 13 juillet la réponse de Simone ne s’est pas faite attendre : « je suis désolée, votre propos m’est pour l’essentiel inintelligible et me semble de surcroît impliquer une incompréhension radicale de la thématique pascalienne des ordres lorsque vous écrivez que la séparation des ordres est tout à fait illusoire. C’est faire peu de cas de leur incommensurabilité, de la distance infinie séparant les deux premiers du troisième, idée force de Pascal. Par ailleurs Comte-Sponville ne bouleverse rien du tout… comme je le précie clairement. ». J’ai traduit : « Malgré ma grande intelligence qui fait que je ne peux me tromper ni sur Comte-Sponville ni sur quoi que ce soit, je ne comprends rien à votre propos parce que vous êtes inintelligent et que vous ne comprenez rien ! ».
4) Fin de l’histoire :
J’ai toutefois fait contre mauvaise fortune bon cœur et, à plusieurs reprise, j’ai réécrit pour tenter de nouer un dialogue que j’espérais enrichissant, en expliquant, en nuançant. Las ! Je avais définitivement faite entrer Simone dans sa coquille, et toutes mes autres réponses ont été censurées.
5) Morale de l’histoire :
Sans doute, mon propos était-il un peu agressif dans sa forme, mais si une philosophe, de surcroît professeur, n’est pas capable d’encaisser un peu d’agressivité, d’entrer un tant soit peu en polémique (comme Pascal d’ailleurs qui excellait dans cet art !), « notre humanité » va vers une guerre totale !
Reste une autre possibilité, c’est que Simone fasse partie des philosophes « à propos » évoqués par Jankélévitch : « Une métaphysique « à propos », n’est-ce pas à cela que se ramène le babillage distingué en honneur chez nombre de théologiens, de métaphysiciens et d’esthéticiens ?.... Pitoyable philosophie, constamment et incurablement en mage de vraie question !... Et qui sait si l’histoire de la philosophie n’est pas devenue quelque chose comme une vaste circonlocution évasive qui évite au philosophe d’aborder de front la positivité primordiale ? Voilà une autre manière pour la philosophie de se faire remplacer par la périphilosophie qui est philosophie de la périphrase et des adjectifs : les uns, au lieu de philosopher directement sur le nominatif du mystère, le décrivent dans ses simulacres, et les autres bavardent sur ce qu’ils croient l’Absolu et qu’ils considèrent non pas en lui-même, mais réfracté dans la pensée des autres ou la doctrine des autres… ».
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MessageSujet: explcation du dialogue de sourd: l'ignorance de LA FRONTIERE   retour vers les 3 ordres Icon_minitimeVen 26 Nov - 16:26

Il m’apparaît aujourd’hui fondamental de ranger les trois ordres de Pascal avec ce qu’ils contiennent de part et d’autre d’une frontière qui court en arrière fond du débat philosophique, et qui, à mon humble avis, doit passer sur le devant de la scène.
Cette frontière classe le réel dans l’immanence ou dans la transcendance. Le philosophe ou l’humain, assis sur cette frontière, voit se dérouler des deux côtés, les deux dimensions de sa vie, l’horizontale et la verticale, pour reprendre un vocabulaire classique.
Dali, à l’occasion d’une visite dont il nous fit l’honneur alors que j’étais étudiant à l’école Polytechnique, n’en finissait pas de rouler les RRRRRRR et les AAAAALE, prenant son élan sur « l’horizontale », rebondissant sur « la verticale » et s’épanouissant sur le ou la transcendantal(e). Tout cela donnait à son propos des allures surréalistes un peu convenues et, j’étais d’autant moins touché par la grâce que, à cette époque, je me laissais aller (ou revenir selon le point de vue). Maintenant je mesure à quel point, malgré l’outrance de ses roulements, son propos était pertinent : il pointait très précisément la ligne de partage des humains, il révélait le contenu du fameux et nébuleux « y » dans lequel s’enlisent la plupart de nos discussions avec les « j’y crois » et les « j’y crois pas ». Ce « y » n’est pas tant dieu, et encore moins dogme, que ce si joli « trrranscendentâââl » dont Dali faisait résonner l’amphi.
J’en veux pour preuve les approximations et, donc, les incompréhensions entre les interprétations des trois ordres et plus, généralement entre les visions du monde, auxquelles mène inéluctablement la non prise en compte de cette frontière, sur laquelle se livre tout combat philosophique.
Hier encore, à l’occasion de la biennale internationale du design à Saint Etienne, j’entendais un des pontes du Design déclarer que, avec la « téléportation », la transcendance retombait dans l’immanence. Son autorité en matière de Design ne lui confère pas le privilège de décider une telle chose, et il aurait pu, plus modestement et plus honnêtement, dire qu’il ne croyait pas en la transcendance ! Pascal lui-même (il est vrai que le design n’était pas encore inventé !) parlait de pari et non de déduction rationnelle ! Mais mon propos n’est pas de faire un procès aux designers ! Je veux simplement montrer combien cette ligne de partage, non des eaux mais des philosophies, est pertinente et présente au quotidien !
1. Définition de la frontière :
J’ai conscience de me lancer là dans une entreprise très hasardeuse étant donné le nombre de définitions déjà données à ces termes, le nombre de livres écrits sur ce thème, le nombre de philosophes blanchis sur cet ouvrage. Mais, fort de mes 65 ans de vie et de philosophie, je m’arroge le droit de faire « comme tant d’autres » et de risquer une définition.
Je le fais à partir de mon expérience de catholique pendant 55 ans et de disciple de Jankélévitch pendant 10 ans, mais en me détachant de ces expériences pour n’en retenir que ce que mon esprit en a « digéré ».
Je veux rester simple en évitant le simplisme. Il s’agit de ne pas « faire original » : je me méfie des formules trop paradoxales, trop belles pour être vraies, comme j’en trouve dans Wikipédia où je peux lire dans la définition de l’immanence : « un principe métaphysique immanent… ». Il est vrai que le choc des deux mots rend la formule jolie, mais je ne fais pas dans l’esthétisme ! Mon but n’est pas de brouiller les pistes pour me donner des airs (comme Dali quand il rrrroulait les siens et qu’il nous éloignait du vrai message qu’il prétendait nous livrer !).
Le physique désigne aussi bien ce qui est perçu des choses et des êtres et de leurs interactions (1er ordre) que la science qui étudie les relations nécessaires, éternelles et universelles qui régissent ces êtres et ces interactions (2ème ordre). Dès lors « métaphysique » et « transcendance » désignent l’une et l’autre quelque chose qui n’est pas une chose ni un être, qui n’est pas non plus une nécessité éternelle et universelle, objet d’étude scientifique, quelque chose qui est « trans » ou « méta », c’est-à-dire étymologiquement qui nous fait franchir une barrière, une frontière, la fameuse frontière dont nous parlons.
L’immanent désignera naturellement ce qui est « en deçà », à l’intérieur de cette frontière, et le transcendant, ce qui est « au-delà », à l’extérieur.
J’ai employé le terme « naturellement » car une autre façon classique de situer la frontière, à la suite de Pascal et de beaucoup d’autres dont Jankélévitch, est de parler de ce qui est naturel (1er ordre celui de la nature et 2ème ordre celui de la pensée qui est aussi un fruit de la nature) et de ce qui est surnaturel.
Je peux aussi reprendre les termes classiques, mis en musique par Dali comme je l’écrivais plus haut, d’horizontale qui désigne notre espace-temps dans lequel nos corps se déplacent et notre pensée s’exerce, et de verticale qui nous élève instantanément et intuitivement hors temps, hors pensée, hors forme, hors morale, hors toute chose et toute raison, vers cet anhypothétique et cet inconditionnel absolu qui n’est posé par rien et qui pose tout en se posant lui-même ! Comprenne qui pourra !
2. Rangement des trois ordres selon cette ligne
Avec cette définition simple, n’utilisant que des mots simples, il devient assez simple de classer les trois ordres de Pascal, les 2 premiers, celui du corps et celui de la pensée, dans l’immanence et le 3ème, celui de la charité et du divin, dans la transcendance.
Mais alors où situer l’âme ? Encore une fois l’humain est assis sur la frontière, et l’âme est, en plein naturalité, sa surnature, sa capacité à aimer, à s’élever dans l’intuition et dans l’intention jusqu’à l’union mystique avec l’acte créateur pour être co-créateur, … l’espace de l’extrémité extrême et inexistante d’une pointe superfine, le temps de l’instant instantané et inexistant d’une tangence subtilissime ! Il y faut évidemment l’esprit de superfinesse dont parle Pascal.
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