les trois ordres
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les trois ordres

l'humain, composé organique hautement improbable de corps, de pensée et d'âme
 
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 je suis donc je pense!

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MessageSujet: je suis donc je pense!   je suis donc je pense! Icon_minitimeMar 29 Sep - 12:52

A la lecture du dernier numéro de Sciences et Vie intitulé La magie des nombres, je suis ramené à une des questions premières, à savoir les rapports entre le réel et le symbolique, lesquels ne peuvent exister qu’à travers la médiation de l’imaginaire. Lacan est celui qui, à mon avis, a exploré cette question avec le plus d’attention et de persévérance ; je ne parle pas de ses réponses, toujours « intéressantes intéressantes et demi », mais de l’éclairage qu’il a apporté à cette question, laquelle, comme toutes les questions importantes et philosophiques, restera sans réponse tant qu’il y aura un homme pour se la poser et reposer !
Du titre provocateur d’un livre d’Odile Jacob Les mathématiques naturelles, ou de la phrase de Léopold Kronecker, mathématicien allemand : « Dieu a créé les nombres premiers… », à la position de Hourya Benis Sinaceur directrice de recherche émérite à l’Institut d’histoire et de philosophie des sciences et techniques à Paris I : « Tout en mathématiques est l’œuvre de l’homme… », en passant par l’affirmation scientifique et rigolote : « Les poussins ont la bosse des maths ! », la question, reposée, court plus ou moins apparente, sous-jacente à tous les articles.
Je peux la formuler ainsi. Le langage, puisque les mathématiques sont partie intégrante du langage, précède-t-il l’homme, ou plus précisément la pensée humaine, autrement dit existe-t-il à l’état pur dans la nature ? L’homme a-t-il découvert le langage dans la nature, ou l’a-t-il inventé ?
Pour ma part, je trouve très intéressante la fin de l’article de Philippe Pajot Y a-t-il des neurones du calcul ? :
“En s’appuyant sur les travaux de nombreux psychologues et éthologues, Keith Devlin s’est forgé une opinion sur la question du calcul comme spécificité humaine. L’observation de plusieurs animaux a montré qu’ils pouvaient calculer avec des nombres supérieurs à 20. Seuls les hommes semblent ne pas avoir de limites et sont capables d’atteindre un haut degré de précision, et cela, indépendamment de la taille des nombres…. Pour aller au-delà, l’homme a eu besoin de franchir le Rubicon mental qu’est le symbole, ce qui l’a conduit vers le langage et les mathématiques. L’essentiel de ce que nous avons en plus, explique Laurent Cohen, c’est la capacité à mettre des symboles, des mots sur les choses. En particulier nous avons les chiffres, ces symboles particuliers qui permettent d’attribuer des étiquettes exactes à des quantités. Pour un pigeon qui calcule de façon approximative, il est impossible de faire la différence entre 29 et 30, alors que pour nous qui avons des mots et des chiffres arabes, 29 et 30 sont tout à fait distincts, même s’ils représentent de s quantités proches. Une autre chose qu’apporte le fait d’utiliser les symboles, c’est de nous permettre de réaliser des calculs compliqués…
Voilà exprimé simplement le rapport entre le symbolique et le réel à travers l’imaginaire. Le fait que les quantités existent est bien réel, et, pour reprendre l’exemple du pigeon, il se dirigera « instinctivement » (il choisira ?) l’endroit qui lui offre un plus grand nombre de graines à manger, preuve que les quantités sont bien réelles, comme est réel l’estomac du pigeon ! La perception des choses crée dans le cerveau de l’homme, et sans doute de l’animal, l’imaginaire, constitué essentiellement de nouvelles connexions entre neurones : ces connexions seront capables de rappeler des images souvenirs plus ou moins agréables, lorsqu’elles seront sollicitées par la perception de choses semblables ou du moins en lien avec les précédentes. L’imaginaire est donc directement en prise avec le réel, comme les perceptions avec les souvenirs, ouvrant à l’homme un champ d’activité intellectuelle intense, par la comparaison et l’association. L’abstraction fait franchir à l’homme un autre Rubicon pour entrer dans la dimension symbolique, comme le dit l’article.
On en trouve l’illustration dans un autre article de ce même numéro, l’interview de Denis Guedj, qui nous fait remonter le temps de 6000ans environ. Pour représenter les quantités, les Sumériens utilisent des jetons d’argile de différentes formes… Chaque contractant insère les jetons représentant la quantité échangée dans une bulle–enveloppe en argile et la referme avant d’y apposer son sceau. Echange des bulles. Chacun détient la preuve de l’apport de l’autre dans la transaction. Mais sous cette forme, la bulle est muette. Comment savoir ce qu’elle contient, sauf à la briser ? Pour ne pas avoir à le faire, on inscrit sur la surface la marque des jetons enfermés à l’intérieur. Ces signes constituent sans doute la première écriture des nombres. On voit qu’ils sont (encore) liés à la présence matérielle des objets matériels… puis par étapes, ces signes vont se libérer des objets matériels pour devenir une écriture pure…
Denis Guedj nous fait ainsi entrevoir comment le franchissement du Rubicon du symbolique s’est fait progressivement au cours des siècles. Ces symboles nous permettent de passer aussi aisément que possible des images aux choses, et ainsi de jongler avec ces choses, même si elles sont éléphantesques et aussi nombreuses que les étoiles dans le ciel.
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MessageSujet: le discours de la methode   je suis donc je pense! Icon_minitimeMar 29 Sep - 13:55

"Mais aussitôt après je pris garde que, pendant que je voulois ainsi penser que tout étoit faux, il falloit nécessairement que moi qui le pensois fusse quelque chose; et remarquant que cette vérité, je pense, donc je suis, étoit si ferme et si assurée, que toutes les plus extravagantes suppositions des sceptiques n'étoient pas capables de l'ébranler, je jugeai que je pouvais la recevoir sans scrupule pour le premier principe de la philosophie que je cherchois". Descartes
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MessageSujet: non réponse, mais juste pour avancer   je suis donc je pense! Icon_minitimeJeu 1 Oct - 10:35

je ne me souciais guère de la découverte de Descartes, et mon titre voulait simplement dire que, comme lui, je m'interrogeais sur les liens qui existent entre la pensée et ce qui est, sur ma pensée et mon être. Par contre, enrichi par la réflexion de tous les philosophes qui lui ont emboité le pas, je ne pense pas comme lui que ces liens soient de cause à effet. En effet une table est et ne pense pas pour autant; inversement, Platon nous suggère que celui qui prétend penser ne fait peut-être que rêver son existence!
je disais simplement que mon être est à la fois animal et humain, mais que précisément mon être ne devient humain qu'en franchissant le Rubicon du symbole, lequel permet à mon intelligence primitive, animale instinctive, de se développer infiniment, de manier des concepts, de jongler avec eux, et de devenir alors "une pensée".
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MessageSujet: Re: je suis donc je pense!   je suis donc je pense! Icon_minitimeLun 14 Avr - 19:26

À propos de pensée... Il est de plus en plus évident pour nous qu'elle n'existe qu'à travers le langage, qu'elle ne préexiste pas à lui, qu'elle ne se confond pas avec lui mais qu'elle est obligée de "passer par" l'organe-obstacle du langage pour reprendre une notion de Bergson et Jankelevitch à sa suite....
Il a parfois parlé pour penser seul ou avec d'autres, il a souvent parlé pour donner ou recevoir une information, mais il lui est arrivé aussi de parler pour ne rien dire, juste pour faire du bruit, se prouver qu'il existe, comme il lui est arrivé de bouger sans intentiin de se rendre quelque part.
Voilà quelque temps, il lui arrive de se rendre compte qu'il parle non seulement inutilement mais à tort. Par exemple il parle de plats succulents au lieu de déguster, de peinture au lieu de peindre ou de contempler un tableau, de sport au lieu de courir ou regarder un match... Et il s'inquiète. Serait-il vieillissant ou simplement victime d'une société vieillissante, ou encore vieillissant dans une société vieillissante?!
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MessageSujet: Re: je suis donc je pense!   je suis donc je pense! Icon_minitime

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